Cette page ne vous dira pas que le français est une langue romantique. Elle traite de trois choses qui se calculent : ce que le français vous rapporte au Canada, combien de points il ajoute à votre dossier d’immigration, et ce qu’il change concrètement au travail et dans la vie quotidienne.
Le français dans le monde
| Élément | Donnée |
|---|---|
| Locuteurs dans le monde | environ 320 millions (OIF 2022 ; le rapport plus récent de l’OIF, en 2026, donne environ 396 millions) |
| Répartition | les cinq continents |
| Langue de travail d’organisations internationales | ONU, Union européenne, OTAN, Comité international olympique, etc. |
C’est la deuxième langue étrangère la plus apprise après l’anglais, et la seule langue qui est à égalité avec l’anglais au Canada.
Le français au Canada
- L’anglais et le français sont les deux langues officielles fédérales.
- Les institutions fédérales doivent par la loi offrir des services bilingues.
- Il existe des communautés francophones bien établies hors Québec, et l’Ontario est la province hors Québec qui compte le plus de francophones.
- Le gouvernement fédéral s’est fixé des cibles d’immigration francophone : 9 % des nouveaux résidents permanents hors Québec devront parler français en 2026, puis 9,5 % en 2027 et 10,5 % en 2028, et le gouvernement s’est engagé à fixer une cible de 12 % d’ici 2029.
Ce dernier point est essentiel : il s’agit d’un engagement de politique publique, pas d’un argument commercial.

Effets sur Entrée express
Points supplémentaires directs : 25 ou 50
Si vous atteignez le NCLC 7 (à peu près le B2) dans les quatre compétences en français, vous obtenez des points supplémentaires :
| Votre niveau d’anglais | Points supplémentaires |
|---|---|
| NCLC 4 ou moins (ou aucun résultat en anglais) | +25 |
| NCLC 5 ou plus (dans les quatre compétences) | +50 |
Ces points sont des points supplémentaires, ajoutés à votre pointage pour les autres facteurs.
Tirages distincts : un seuil inférieur d’environ 100 points
La maîtrise du français est une catégorie distincte d’Entrée express. En 2026, les tirages de la catégorie français comptent 12 rondes et 60 500 invitations, avec des seuils CRS entre 382 et 435.
Pendant la même période, les seuils d’autres catégories (comme celle de l’expérience canadienne) se situent souvent entre 510 et 520.
Concrètement : vous n’êtes pas en concurrence avec tous les candidats, mais avec ceux qui parlent français.
Permis de travail francophone : sans EIMT
Le volet « Mobilité francophone » permet à un employeur canadien d’embaucher une personne francophone sans EIMT (étude d’impact sur le marché du travail, LMIA en anglais). Pour qui veut travailler d’abord et immigrer ensuite, c’est une voie bien plus réaliste que de chercher un employeur prêt à passer par l’EIMT.
Un rappel
Les points dépendent d’un résultat de test de langue, qui doit avoir moins de 2 ans au moment où vous créez votre profil Entrée express, puis de nouveau quand vous soumettez votre demande de résidence permanente. Avant de calculer votre pointage, vérifiez la date de votre résultat. Pour convertir vos notes en niveaux, voir le convertisseur NCLC.
Effets sur l’emploi
Le bilinguisme est une exigence, pas un atout
| Domaine | Situation |
|---|---|
| Fonction publique fédérale | De nombreux postes sont désignés « bilingues obligatoires » : sans le niveau requis, on ne peut pas occuper le poste |
| Éducation | Les écoles d’immersion française manquent d’enseignants depuis longtemps ; le bilinguisme est une condition d’embauche |
| Santé et services sociaux | Les postes destinés aux communautés francophones exigent le français |
| Service à la clientèle et ventes | Les entreprises nationales ont souvent une ligne bilingue |
| Immigration, droit, traduction | Le français fait partie de la capacité d’exercer |
La prime au bilinguisme : une mise au point honnête
La prime au bilinguisme des fonctionnaires fédéraux est de 1 120 $ par année. Elle est fixée depuis 1977 et n’a pas augmenté. Avec l’inflation, elle vaudrait aujourd’hui environ 5 180 $.
N’apprenez donc pas le français pour ces 1 120 $. La vraie valeur est ailleurs : les postes bilingues écartent les personnes qui ne parlent pas français ; si vous y avez accès, vous bénéficiez ensuite du salaire et de la stabilité. La prime n’est qu’un symbole.
Beaucoup d’établissements ne le disent pas, parce que ce n’est pas très motivant. Mais l’information se vérifie : il suffit de consulter les sites d’IRCC ou du ministère des Finances. Autant vous le dire d’abord.
Effets sur la vie quotidienne
Les enfants. Le Canada offre des classes d’immersion française, et l’inscription n’exige pas que les parents parlent français. Mais si vous le parlez, la lecture et l’écriture de votre enfant suivent mieux. C’est un vrai point sensible pour beaucoup de familles : on ne peut pas aider son enfant avec ses devoirs de français.
La communauté. Hors Québec, on trouve des communautés francophones actives, des activités culturelles, des écoles et des médias en français. Parler français, c’est avoir accès à un autre cercle social, pas seulement une compétence de plus. Voir notre guide francophone de Toronto.
Les voyages. La France, la Belgique, la Suisse, le Québec et de nombreux pays francophones d’Afrique vous sont ouverts.
La cognition. Apprendre une deuxième langue aide l’attention et la mémoire, et des études le confirment. Mais il ne faut pas exagérer : ce n’est pas une raison d’apprendre le français, seulement un bénéfice qui s’ajoute après coup.
Cinq idées reçues
| Idée reçue | Réalité |
|---|---|
| « Le français est trop difficile pour moi » | La prononciation est le point difficile ; la grammaire est en fait plus régulière que celle de l’anglais |
| « Avec le DELF, j’obtiens des points » | Non. Le DELF est un diplôme qu’IRCC ne reconnaît pas ; seuls le TEF Canada et le TCF Canada comptent |
| « Au B2, je peux participer à une réunion » | Pas forcément. Le B2 est un niveau d’examen ; l’expression professionnelle demande un entraînement spécifique |
| « Il faut dix ans pour que le français serve » | Il faut environ 500 heures d’apprentissage effectif pour passer de zéro au B2, et le NCLC 7 correspond à peu près au B2 (approximation : IRCC publie des tableaux de conversion en NCLC, pas en niveaux CECR) |
| « Je suis trop âgé pour apprendre » | Chez les adultes, le frein est généralement le temps investi, pas l’âge |
Combien de temps faut-il ?
De zéro au B2, il faut environ 500 heures d’apprentissage effectif. Notre parcours complet compte 330 heures de cours, plus l’étude personnelle, soit environ 14 mois ; à temps plein, ce sont 300 heures de cours en 12 semaines. Le temps plein de 12 semaines mène au B1, pas au B2 : voir Forfaits et Parcours.
| Votre investissement par semaine | Durée approximative jusqu’au NCLC 7 |
|---|---|
| 6 heures de cours + 6 heures d’étude personnelle | environ 14 mois |
| 3 heures de cours + presque aucune étude personnelle | Nous déconseillons de commencer : vous resteriez bloqué au niveau A2 |
La dernière ligne est la vérité. Nous avons vu trop de personnes s’inscrire, atteindre l’A2, s’arrêter six mois, puis recommencer. Pour une estimation de votre budget, essayez le calculateur de coûts.
Pour situer votre niveau
Vous ne savez pas où vous en êtes ? Passez un test de niveau : 40 minutes, gratuit. Vous repartez avec un chiffre précis et un parcours précis.
Sources des données
| Contenu | Source |
|---|---|
| Règle des 25 / 50 points pour le français | IRCC : Entrée express pour les travailleurs qualifiés d’expression française, page mise à jour le 20 août 2025 |
| Tirages de la catégorie français en 2026 (12 rondes / 60 500 / 382–435) | IRCC, rondes d’invitations (consulté le 2026-11-04) ; les 12 rondes sont aussi confirmées par CIC News, 27 octobre 2026 |
| Cibles d’immigration francophone (9 % en 2026, 12 % en 2029) | Francopresse, 19 janvier 2026 (9 % en 2026 et 12 % en 2029) ; note d’IRCC au Comité permanent de la citoyenneté et de l’immigration, 20 avril 2026 (9,5 % en 2027, 10,5 % en 2028, engagement à fixer 12 % d’ici 2029) |
| Prime au bilinguisme de 1 120 $ | Bibliothèque du Parlement du Canada, étude 2017-29-E, mise à jour le 20 janvier 2026 |
Source des données sur le français dans le monde (environ 320 millions de locuteurs) : OIF 2022 (321 millions). Le rapport 2026 de l’OIF estime environ 396 millions.

